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 Coup-de-gueule: sommes-nous morts?Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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gaulois
Gueule bavarde
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MessageSujet: Coup-de-gueule: sommes-nous morts?   Sam 10 Fév - 11:36

La francophonie de "consommation" en situation minoritaire ne consomme plus. Pourquoi donc?

- note: ce texte a été écrit pour un lectorat franco de Vancouver; les idées sont-elles pertinentes pour votre propre situation (même ceux vivant en situation plus "majoritaire")???

Nous vivons tous dans une économie de marché ou "l'offre" est ahurissante, particulièrement dans les grands centres métropolitains. Les contraintes de resources disponibles, principallement le temps et l'argent, nous obligent à continuellement faire des choix dans les produits et services que nous consommons -vs- les "besoins" qui nous motivent à consommer en premier lieu. Vivre dans les grands centres est aussi dispendieux et le temps y est une resource très précieuse.

La culture dans son sens large représente un secteur parmi tant d'autres ou nous sommes appelés à prendre des décisions de "consommateurs". Dans un tel environnement, la "francophonie" n'est qu'un sous-secteur de la culture ou nous serons interpellés pareillement, et cela par des canaux ou médias qui eux-même sont sujets à ces choix d'offre. Cela est d'autant plus vrai lorsque les francos sont parfaitement bilingues et ne font plus nécessairement les efforts de s'engager au quotidien dans des médias de francos, pour peu importe la raison.

Que se passe-t'il avec les "besoins" lorsque nous devenons sursaturés par l'offre et disposons de moins en moins de resources pour y répondre? Et que se passe-t'il lorsque les gens n'achètent plus le message "Consommez, consommez", celui qu'on nous répète depuis le temps. C'est alors que les choix difficiles doivent se faire. Que sont donc les véritables "besoins"??? Comment notre identité déterminera-t'elle quels "besoins" seront retenus? Ultimement quelle est cette identité et comment nos médias l'alimentent-elle??? Nous répètent-ils "Consommez, consommez"? Et pourquoi donc ne les suivons-nous plus?

---

Le Canard note depuis plusieurs années maintenant des activités dans lesquelles les francos ne s'engagent à peu près plus.

Même si dans bien des cas, il n'y avait pas de coût de participation (ou encore le rapport qualité/prix était absolument excellent), il reste qu'une décision d'engager son propre temps à "consommer" devait être prise. Elle n'a pas été prise vraisemblablement en faveur de la francophonie "de consommation"...

Les exemples sont vraiment douloureux à rapporter et se répètent de façon inquiétante au point ou plusieurs francos en font une déprime bien cachée, les coupures qui se multiplient n'aidant pas:

1) Il n'y avait qu'une vingtaine de personnes max hier soir pour les trois représentations des rendez-vous du cinéma québécois/franco pour des nouveautés reconnues comme étant de haute qualité: 7.50$ l'entrée, 10$ pour 2 films et 50$ pour une passe de deux semaines pour tout le festival (75$ la passe double). L'endroit choisi était magnifique, central et la soirée idéale, i.e. un jeudi soir par une belle température. L'accueil était chaleureux et la fête après "Chez Jules" cordiale. La SRC avait bien annoncé et le promoteur de l'évènement Régis Painchaud a fait un excellent travail de promotion du festival paraissant dans trois belles entrevues, une de ces entrevues étant disponible en ligne pour les cliqueux. Lorraine Fortin a conçu un excellent programme "bilingue". La liste franco-cb, l'envoi du Conseil Culturel Francophone de la Colombie-Britannique (FFCB), et bien sûr le Canard ont tous informé ceux qui les appuient. Dito sur l'Express du Pacifique. Et j'oublie d'autres canaux de diffusion, tel le côté francophile. Enormément d'efforts, peu de résultat.

2) Fin de semaine passée, le festival des conteurs tenait un évènement au Centre Culturel Francophone. Encore une fois un "spectacle" de haute qualité livré par quatre francos dotés de beaucoup de talents. Une douzaine de personnes s'y sont présentés seulement.

3) En automne dernier, Marie Bourgeois, récipiendaire de l'Ordre du Canada et pionnière de la francophonie franco-colombienne menait un Café-Philo. Une dizaine de personnes ont fait l'effort de se déplacer dont la plupart dans son entourage immédiat. Le personnel de la Boussole présentait un Café-Philo il y a quelques années: deux personnes s'y sont déplacées. Le Club Toastmasters franco de Vancouver fermait ses portes en 2001, faute de participation. Un franco seulement s'est présenté lors de la visite du Comité Permanent des langues officielles en début décembre, la première en 25 ans.


Les exemples se multiplient et on se dit maintenant bien souvent les francos ne sont tout simplement pas intéressés, alors allons voir chez les francophiles plutôt, peut-être le seront-ils plus avec leurs plus grands nombres. Bien sûr, il y a des activités qui ont plus de succès tels les évènements du Théâtre de la 16ième et ceux qui se tiennent sous la formule samedi ou mercredi/rencontre et le premier ciné/rencontre. La participation de francophones -vs- francophiles demeure toutefois limitée. Les activités de participation semblent en minorité dans le grand ensemble d'activités de "francophonie de consommation".

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Pourquoi donc continuer à répéter les mêmes promotions d'évènements qui ne produisent manifestement pas de résultats sans se questionner davantage collectivement sur ce qui se passe vraiment? En particulier ne pas faire part aux francos du grave problème de notre désengagement me semble absolument ahurissant. Il y a véritablement problème et les francos doivent se mobiliser. Nos médias doivent faire de plus grands efforts pour secouer leur propre torpeur, secouer la notre et engager un discours civil sur cet important problème. Leur rôle est beaucoup plus que celui de simplement diffuser la promotion de ces évènements (et de couvrir les évènements d'actualité). Il ne s'agit plus de consommer des produits culturels mais d'inciter à une participation active, en nous faisant d'abord part de nos véritables enjeux pour trouver des solutions. Nos "besoins" pour des produits/services culturels de qualité (même si ils sont déjà disponibles) se réaffirmeront lorsque cet important éveil sera engagé. Ca me semble peine perdue entre temps. Voilà pour mon coup-de-gueule! Branche
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Pépin le Bref
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MessageSujet: Re: Coup-de-gueule: sommes-nous morts?   Sam 10 Fév - 19:20

Souvent, la décision de ne pas consommer les produits/services culturels tient non pas à un "désengagement" mais plutôt à des préférences personnelles.

Bon nombre de personnes qui ont tout de francophone (dont moi) lisent ou regardent la télé, dépendant de leurs goûts, en français ou en anglais. Ce n'est pas dans ce cas une question de choix identitaire, mais plutôt de consommer ce qui est le plus attrayant pour soi, que ce soit de regarder Le comte de Monte-Cristo à TFO le dimanche puis Heroes à CTV le lundi, ou de lire tour à tour Max Gallo et John Saul.

Par conséquent, dans un monde idéal, tous les francophones auraient accès à un éventail assez large de produits en français pour y choisir ceux qui leur plaisent - le plus grand le choix, le plus grand le nombre de francophones qui y trouveront chaussure à leur pied. Évidemment, ce n'est pas le cas, et dans les milieux très minoritaires, c'est un plus gros défi. À ce titre, la disponibilité de librairies virtuelles sur Internet me semble porteuse d'avenir.

En ce qui a trait aux manifestations culturelles comme le théâtre, les concerts ou justement les cafés philosophiques, le défi est plus corsé, puisque ce type de culture est en lui-même un phénomène minoritaire. Ces manifestations culturelles ont leur raison d'être et je ne doute nullement de la qualité de celles données en exemple, mais il faut bien comprendre que ce genre de loisir attire un certain type de personnes et en laisse d'autres indifférents.

Enfin, il faut noter que la "consommation" culturelle fonctionne à la séduction et ne représente pas un choix politique du "consommateur". Autrement dit, beaucoup de francophones lisent en français ou vont à des événements culturels en français non pas parce que c'est leur devoir de francophone de le faire, mais parce que ça leur plaît.
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