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 Le Nobel 2006 de littérature

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hommequiavulours
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Masculin Nombre de messages : 80
Date d'inscription : 26/06/2006

MessageSujet: Le Nobel 2006 de littérature   Jeu 12 Oct - 15:36

C'est un écrivain engagé! Au moins quelqu'un qui met ses culottes. J'attends le Franco-ontarien ou la Franco-ontarienne qui tapera sur CBC "French", le CRTC et Harper qui compresse les programmes sociaux! En attendant, j'ai trouvé un texte de Pierre Assouline sur le nouveau NOBEL! Vive la révolution! À quand le nobel franco-ontarien?
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Orhan Pamuk, ambassadeur de sa Turquie

C'est une coïncidence, c'est sûr, n'empêche : quelques heures après que l'Assemblée nationale française eut pénalisé la négation du génocide arménien par les Turcs en adoptant une proposition de loi, l'Académie suédoise couronnait du prix Nobel de littérature un remarquable écrivain pour son oeuvre et, quoi qu'on en dise, pour son courage, sa détermination et son obstination à faire admettre à ses compatriotes un passé honteux qui ne leur passe pas. Deux manières d'affronter une même réalité : d'un côté, la répression qui ne règle rien et fait même reculer le débat sur la question, de l'autre la consécration ce qui est la meilleure manière de faire avancer une cause. Car ce n'est pas d'aujourd'hui que le comité Nobel se mêle de politique ; il n'est que de songer au Nobel de littérature attribué quelques années après la Libération à Winston Churchill mémorialiste, les refus répétés de distinguer Graham Greene jugé crypto-communiste... Après Kertesz, Coetzee, Jelinek et Pinter, on dirait que les plus audacieux de ces académiciens de Stockholm ont gardé la main ces dernières années. Orhan Pamuk est jeune (il est né en 1954), ce qui paraissait être un handicap notamment par rapport à Yechar Kemal qui attend depuis des années ; son oeuvre (Neige bien sûr, qui est le sixième, mais aussi Le Livre noir, La vie nouvelle, Le Château blanc, Mon nom est rouge... ) est annonciatrice de grands livres à venir si la folie de l'après-Nobel (un chèque de plus d'un million d'euros, une tournée mondiale d'un an minimum, des sollicitations à la chaîne) ne lui tourne pas la tête. D'autant qu'il jouit d'une grande audience internationale, qu'il est traduit dans de nombreux pays. Ce qu'ils lui trouvent, du moins officiellement ? " C'est un écrivain qui, à la recherche de l'âme mélancolique de sa ville natale, a trouvé de nouvelles images spirituelles pour le combat et l'entrelacement des cultures". Leur communiqué est tarte comme tous les communiqués de ce genre mais c'est sans importance. C'est un romancier qui appuie là où ça fait mal, du moins dans son pays : les Arméniens, les Kurdes, l'équilibrisme entre Orient et Occident, la montée de l'islamisme et les acquis du kémalisme, l'affrontement permanent entre le présent et l'Histoire... Il en parle dans ses livres par le biais de la fiction, c'est à dire de biais, ce qui est bien plus efficace que frontalement, ce qui ne l'empêche pas d'enfoncer le clou dans les interviews. Lors d'un récent procès où ses détracteurs nationalistes auraient bien aimé le voir condamné pour trahison, il a été acquitté du chef d'accusation de "dénigrement de l'identité nationale turque". Le milieu littéraire turc et les officiels de la Culture ont accueilli avec fierté la nouvelle de son couronnement littéraire au motif qu'il rejaillit sur l'ensemble des lettres turques, mais leur hâte à séparer aussitôt l'écrivain du citoyen (comme s'ils ne faisaient pas qu'un !) reflète bien leur embarras. Faudrait aller voir ce que les mêmes disaient de lui il y a un an encore... Aussi européen de conviction que turc de culture, un pied de chaque côté du pont qui enjambe le Bosphore, Orhan Pamuk serait l'ambassadeur idéal pour faire entrer son pays dans l'Union européenne. Seule une personnalité de son calibre pourrait balayer les clichés qui courent sur la Turquie, un pays et un peuple qui, pour bien des Occidentaux, se réduisent à Midnight Express et aux supporters de l'équipe de Galatasaray. Il serait d'autant plus crédible qu'il fut le tout premier écrivain du monde musulman à se solidariser avec Salman Rushdie quand celui-ci fit l'objet d'un contrat sur sa tête. Cet avocat de la diversité serait un porte-parole d'autant plus convaincant qu'avant d'être un écrivain international, il a été et demeure best-seller dans son propre pays. Il n'est pas du genre à se laisser récupérer facilement. Mais qu'il le veuille ou non, il est à compter de ce jour l'ambassadeur de son pays dans le monde, un fardeau inattendu pour un individualiste et un solitaire. Le "prix Nobel Turc" sera dans l'avenir sans cesse questionné ès-qualités. Non pas au nom de son gouvernement mais au nom de sa Turquie intérieure. A lui d'en profiter pour infléchir les mentalités ici et là-bas. Il a déjà été aussi loin que le peut un intellectuel indépendant et un romancier libre dans la Turquie d'aujourd'hui. D'un tempérament plutôt prudent mais débridé par les diktats de sa conscience, il saura jusqu'où aller trop loin étant désormais protégé par son Nobel. Aussi francophile qu'américanophile, Pamuk est fils de poète ; issu de la bourgeoisie stambouliote, il voulait être architecte. Un jour, il a abandonné ses études pour se consacrer entièrement à la littérature. Il a bien fait. Maintenant qu'on le sait, on regardera à deux fois à la construction de ses livres. Pas de doute, ce raconteur est du bâtiment.
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hommequiavulours
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MessageSujet: Re: Le Nobel 2006 de littérature   Mer 8 Nov - 10:56

Le Goncourt ne s'est pas présenté pour recevoir son prix en main propre. Il préférait mettre le livre en vedette et non lui. Quelqu'un a dit je cite: "Je ne crois pas à ces écrivains. Ils sont tous les mêmes! Il a fait ça pour se faire remarquer. Il veut que dans 50 ans, on se souvienne qu'il ne s'est pas présenté"
C'est un commentaire valide quand on n'a rien d'artiste en soi. Si on veut, on peut aller plus loin. L'artiste n'a de compte à rendre à personne. C'est le dernier personnage libre que même la société de consommation n'arrive pas à contrôler. Ca, c'est un autre angle et je le préfère.
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